Sans mots. Mots au pluriel. Première faute volontaire. Mais qu'est-ce qui c'est passé? Pas de mot pour dire. Pas de mot pour raconter. Pas encore. Le coeur est encore trop fragile de cette transfusion d'humanité. Comment dire? Il nous faut dire. Nous vous devons au moins cela. Les derniers jours furent d'une intensité remarquable. Presque intensivement intensif. En moins de temps qu'il ne le faut pour dire ESPOIR, nous étions sur scène en train de présenter le fruit de notre labeur. Expérience incroyable. Combien y avait-il de gens? Nous ne savons plus. Près de 750 peut-être. Pas loin de 1000 selon d'autres. Ensemble, portant ces mots qui nous ont porté. Ensemble. Comment avons-nous pu y arriver? Cela tiens presque du miracle. Toute cette démarche. Tous ces efforts. Tous ces noms marqués au fer rouge dans nos coeurs. Nous ne tenons de la fin du spectacle qu'une image floue. Les larmes qui débordaient en sont la cause. Fierté? Oui. La deuxième représentation fut pour un public beaucoup moins nombreux. Mais, dans leurs yeux, le spectacle a pris un second souffle. Le fruit de la grande cueillette a grandement muri entre les 2 spectacles. La journée à peine terminée, déjà, nous avons été happés par nos vies. Un à un, la vie nous arrachait les jeunes artistes qui ont tant donné. Un à un, ils ont commencé à quitter. Chaque départ nous a fait mal. Chaque départ fut pleuré. Même si nous savons qu'il s'agit d'un commencement et non d'une fin. Chacun de leur prénom est une empreinte dans nos vies. Kayo, Luis Angel, Washington, Urutaw, Diègo, Nathaniel, Leila, Rosa, Taires, Rita, Roxana, Sandra, Clarissa, Pilar, Véronica, Israel, Liu, Nongdo, Gift, Bongani, Guilerme, Larry, Iro, Gleice, Anj, Osp. Chacun de ces prénoms est une flamme. Qui illumine le monde. Chacun de ces prénoms est une lanternes allumées. Il me semble déjà vivre dans un monde plus beau. Le soleil se lève sur un langue jeunesse. Et c'est magnifique!
La Grande Cueillette de l'Espoir est un projet artistique d'envergure et audacieux initié par le Théâtre des petites lanternes. La Grande Cueillette de l'Espoir permettra d'entendre la parole de près de 500 jeunes issus de 21 pays et 6 continents dans le cadre du Congrès mondial d'IDEA (International Drama and Education Association) à Belém au Brésil en juillet 2010.
lundi 26 juillet 2010
mercredi 21 juillet 2010
Phase 3.
Voilà. La dernière journée ici viens tout juste de terminer. Ici, c'est l'Escola Bosque. Dès demain, nous passerons nous journées au Parc Igarapès. Deux journées de travail là. Nous passons en mode approfondissement et enchainements. Mais quelle course!!! Les journées sont épuisantes. Les troupes portent avec toute leur énergie ce projet. Troupes portées elles-mêmes pas l'espoir. C'est une pyramide de portées! Le spectacle prends muscles; son squelette ayant déjà été formé. Nous avancons mains dans la mains. Mains dans les coeurs. Coeurs dans l'Espoir. Nous entendons vos voix qui nous supportent. Nous en rêvons toutes les nuits. Et quand nous arrivons devant une impasse, ce sont vos voix qui nous sauvent. Merci d'y croire.
dimanche 18 juillet 2010
Ouverture du Congrès
Samedi soir. Plusieurs centaines de personnes réunies. Au-dessus de l'eau. Sur un quai. Dans un hotel sur un quai. Le fleuve qui s'Amazone sous nos yeux. Le vent qui se glisse sur notre visage, dans nos cheveux. Le vent qui est brise puisque trop délicat pour s'éventer. Il se ruiselle en nous comme une main qui nous inviterait à danser. Et la valse commence. D'abord une valse de mots. Tour à tour, le gratin organisationel nous salue, nous incite à penser Art, Éducation et Transformation. Puis une valse folklorique. Les habitants de l'Amazonie, du Pará viennent dans leurs habits traditionnels. Et leurs tambours. Et leurs danses. Et leurs amours. Et leurs savoirs qui n'est pas académique. Donc encore plus important. Puis la valse de l'Espoir. Une présentation de 5 minutes de La Grande Cueillette De L'Espoir. Le monde sur scène. Les mots du monde. Et ces maux aussi. Et ensemble. Et chantant aussi. Et dansant. Et surtout plein d'Espoir dans les yeux. Et le public qui réagit. Qui nous confirme que nous avons raison d'être là. Qu'il nous fallait être là. Et ensemble, main dans la main. Coeur dans le coeur. D'Espoir à Hope en passant par Esparanza. Ensemble. Nous portons le message d'une jeunesse vieille de son histoire. Nous profitons de ce moment pour nous remplir. Car la semaine qui vient sera exigente. Les dernières répétitions. Les derniers moments pour donner tout ce que l'on a dans le coeur, pour être à la hauteur de notre responsabilité. Être à la hauteur des espérances de toute une génération. Et nous jurons que nous donnerons tout pour y arriver. Tout.
jeudi 15 juillet 2010
Phase 2.
D'abord, désolé... Déjà 6 jours depuis le dernier message. Le temps est une denrée rare. Et il est très bipolaire ici. Chaque seconde ici se transforme en heure tellement les moments sont riches et tellement il se grave dans le coeur. Mais chaque heure ici se transforme en seconde tellement nous travaillons fort et que nous avançons malgré la fatigue et la chaleur. Il est difficile à suivre ce temps. Il y a à peine une heure, nous avons terminé la mise en place et la mise en scène de la deuxième moitié du spectacle. C'est fait. Comment on y est arrivé? Assurément l'Espoir. Avec son grand E majuscule. Avec son grand E qui se bataille, qui se demande, qui se donne, qui se livre, qui s'aime, qui aime aussi. L'Espoir dans tous ce qu'il a de plus humble. Et intègre. Et inspirant. Dans 11 jours, les deux spectacles seront joués. Dans 11 jours, nous serons sur le point du retour. Et du non-retour. Puisque on ne tourne pas le dos à une aventure comme celle là. On la quitte à reculons, en la tenant par les yeux, en l'aimant jusqu'à ce qu'on ne voit plus rien. Et continuer à la regarder même si on ne voit plus rien. Juste au cas où elle pense encore à nous. Mais cessons de parler de fin. Nous sommes encore en plein coeur de cette histoire. Revenons donc à cette partie du roman où les protagonistes vont répéter dans les prochains jours. Répéter avec force. Avec soleil. Avec ferveur. Et flamme. Et Espoir. Espoir avec son grand E majuscule. Espoir dans ses habits du dimanche et son sourire d'enfant. La table est mise. Les ingrédients sont bien en place. Tout se tient. Ça fonctionne! Et dans les prochains jours. Essayer. Réessayer. Se renouveler. Se recréer. Pour que chaque mots soient encore plus fier. Plus vrai. Pour que le Zimbabwe nous entende. Pour qu'il sache que nous l'avons mené jusqu'ici. Pas juste dans le texte. Mais surtout dans nos coeurs. Sur scène, le monde se donne la main. Pas de guerre. Pas de conflit. Mais l'ouverture à l'autre. La communication. Le respect. C'est possible. Nous le vivons ici au quotidien. Nous vivons avec le monde et tout va bien. Le monde peut changer. Avec un peu d'Espoir. Espoir avec son grand E majuscule. Espoir dans ses habits du dimanche et son sourire d'enfant.
vendredi 9 juillet 2010
Phase 1.
Nous venons tout juste de terminer la mise en scène de la première moitié du spectacle. Nos vêtements sont encore humides de l'effort. Et de la chaleur. Nous avançons à un rythme incroyable. Demain, nous enchaînerons cette première partie. Puis nous la reverrons 4 jours avant le spectacle dans les dernières répétitions. Incroyable. Une course perpétuelle contre la montre. Mais le temps que l'on passe est formidable. Pleins de défis. L'équipe des jeunes est émouvante à cotoyer. Tellement de beaux jeunes... Tous ces humains de la planète, réunis ici, cherchant à faire de leur mieux. Même si le temps ne nous soutient pas. Même s'il faut accepter une part d'inconfort. D'incompréhension. Même s'il faut se lancer dans le vide à chaque 5 minutes. À chaque 5 minutes, à corps perdus dans l'essai. Et dans la force. Et chercher et chercher et chercher. Mais dans le corps. Dans l'action.
Chaque matin, nous commençons la journée avec des chauffements. 45 minutes pour le corps. 45 minutes pour la voix ou le rythme. Tour à tour, chaque matin, un jeune prépare un atelier et il transmet ces exercices et ces connaissances au groupe. Ce matin, Liu, brésilienne, nous a fait travailler l'expression corporel, poids contre-poids... Le tout sur la chanson Allégria du Cirque du Soleil.... Dans une végétation amazonienne, cette musique qui tranperce au coeur de soi, les corps dénoués et mouvants..... Bang! Un grand coup de bonheur. Puis nous travaillons la mise en scène. Un moment de percussion, une phrase lancée comme un appel, un sos. Puis un sourire qui illumine la scène. Bang! Un grand coup de bonheur. Puis, nous mangeons, nous rions. Une blague tentée en 3 langues et 100 gestes. Les éclats qui fusent. Bang! Un grand coup de bonheur. S'en suit des ateliers dans la communauté. Un adolescent qui s'avance et qui, pour la première fois prends la parole. Bang! Un grand coup de bonheur. Et ces soirées à la plage, à refaire le monde, à danser, à trop vivre presque. Bang! Un grand coup de bonheur.
Et le plus extraordinaire, c'est que ça recommence le lendemain.
lundi 5 juillet 2010
Levée du drapeau
www.youtube.com/watch?v=qzDHVP1X0v
Ensemble. Presque tous arrivés, espérant encore les autres. Ensemble. Hissant le drapeau, comme nous hisserons la langue jeunesse qui nous a été confié.
Ensemble. Presque tous arrivés, espérant encore les autres. Ensemble. Hissant le drapeau, comme nous hisserons la langue jeunesse qui nous a été confié.
dimanche 4 juillet 2010
La Escola Bosque
Bien le bonjour!
WOW!!! Que de jours et d'heures déjà. Le temps passe ici à une vitesse folle. Rarement temps fut si précieux et si indomptable. Le travail est commencé. Il s'agit en fait d'un autre commencement. Comme si cette fabuleuse aventure, toujours se commence. Et se recommence. Et nous donne toujours une nouvelle poussée, un élan supplémentaire. Malgré les obstacles, jamais ne se ralentie notre course. Même en état d'attente, notre cause s'avance et se porte et se coeur. C'est incroyable. Il est difficile de croire que tout ce que nous vivons est réel. Il faut nous rattacher à ce qui nous entoure pour reposer nos pieds sur terre. Comme cette magnifique école où le travail s'effectue. École.... Lieu excessivement différent de ce que nous connaissons. Une réserve naturelle de la forêt amazonienne. Des classes, qui sont en fait de grande cabanes, semées un peu partout dans cet espace. Un étang, magnifique, surnommé Papillon Bleu par les enfants d'ici. Des sentiers encadrés par les même plantes que certains d'entre vous possède. Mais ici, elle ne mesure pas 35 cm; elle se mesure en mètres.... Lieu d'Eden. Ici, nous sommes à la fois hors du monde et dans le monde. Hors du monde, puisqu'un collectif. Un ensemble qui est retiré du monde, presque reclu, protégé de la surexposition aux médias. Échangeant sur tous les sujets comme jadis le faisait les gens qui avait le temps. Et dans le monde. Puisque ouvert à la communauté, marchant dans cette ville comme si toujours nous l'avions foulée. Dans le monde, puisque citoyens de plusieurs pays. Citoyens du monde. La mise en scène se fait en français. Mais tout le reste se fait dans d'autres langues. TOUT. Parler de pluie, de beaux temps. De l'heure du couché. Blaguer sur la vie. Philosopher. Rire. Sourire. Universel. Porté par la force des mots et des maux. Nous sommes portés. Et nous porterons. Malgré la fatigue. Malgré les journées de 18 heures de travail. Malgré les obstacles. Malgré tous les malgrés. Nous porterons.
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